[…] Face à l’attente de fonction de l’art céramique, Magdalena Gerber se joue des catégories pour mieux intervenir sur les frontières, les zones de contact, le trouble dans la matière. Si les liens entre l’art contemporain et les arts appliqués ont connu depuis l’exposition du New Museum des rapports plus complexes, si les catégories sont peut-être moins définies qu’au sortir des années 1980, si le marché de l’art a su faire une place à certains créateurs autrefois en marge pour mieux renouveler son attractivité, il n’en reste pas moins que Magdalena Gerber expérimente l’actualité des critères qui servent aux spécialistes comme outils de légitimation ou d’exclusion. Alors l’artiste répond par une forme qui reflète la fonction primordiale des productions artistiques, appliquées ou pas: la fonction discursive qui crée le lien social entre le spectateur/utilisateur, l’objet et le contexte de production et de présentation. C’est cette fonction sociale qui est au cœur de l’œuvre et qui donne aux propositions de Magdalena Gerber leur sens critique, par-delà la valeur d’usage. […] (Denis Pernet)

Magdalena Gerber vit et travaille à Genève en tant que artiste plasticienne.

Titulaire d’un BA en Céramique-Objet (HEAD - Genève, 1996) et d’un MAS Art/Design & Innovation (Haute école d’art et de design de Bâle, 2006), enseigne à la Haute école d’art et de design de Genève. Depuis 2013 elle est responsable du CERCCO, Centre d'expérimentation et de recherche en céramique contemporaine de la HEAD—Genève. De 2011 à 2013, elle a mené comme cheffe de projet la recherche GraphicCeram sur la combinaison de traitement de surfaces céramique et leur caractérisation. Les techniques utilisées ont été l'impression digitale céramique, la gravure laser, le dépôt PVD ainsi que des glaçures et matières céramiques.

Ses recherches artistiques reposent sur plusieurs axes: La relation qu’entretient l’objet céramique avec l’image, l’imagination et la réalité en interrogeant son statut et son rôle comme catalyseur d’histoires. Un autre champs d’investigation est celui de la disparition des savoirs-faire dans le contexte post-industriel céramique Suisse. De plus, elle mène continuellement des recherches céramiques donnant corps à des sculptures, posant la question de l’émergence de formes aléatoires et leur relation avec l’espace. Ces investigations lui permettent de découvrir sans cesse de nouvelles formes, matières et surfaces. Elle est passionnée par les possibilités infinies de ce matériau qui lui permet de réaliser des objets et des sculptures à la limite du possible, associant souvent d’autres matières, telles que le textile, la fourrure ou le latex.

Elle a exposé dans plusieurs institutions nationales et internationales (Musée Borély, Marseille; Museum für Gestaltung, Zurich; Musée Ariana, Genève; Musée Royal de Mariemont, Belgique; Fondation Bernardaud, Limoges; The Museum of Decorative Arts and Design, Oslo; Musée des arts décoratifs, Paris, le Musée Rath, Genève).

Magdalena Gerber, Swiss, born in 1966, works in Geneva. Her works move in a force-field between art and design. They aim at surprising the viewer and inspire him new ways of perception. The recent works interests span the deindustrialization of Swiss ceramic industry and the disappearing of knowledge and cultural heritage.

She holds a Master of Arts in Art/Design and Innovation (Basel University of Art and Design, 2006. Currently she ist lecturing at the Geneva University of Art and Design, HEAD — Geneva. Since 2013 she is in charge of the CERCCO, Center of contemporary ceramics of the Geneva University of Art and Design where she taught on the REAL postgraduate course in ceramics and polymers since 2007. She also gives classes on materials and methodology in the Design, Fashion and Jewellery and Interior Architecture sections. From 2011 until 2013 she had the lead of the Research project GraphicCeram.

Her artistic research is based on several axes: The relationship that the ceramic object has with image, imagination and reality by questioning its status and its role as a catalyst for stories. Another field of investigation is the disappearance of know-how in the post-industrial context of Swiss ceramics. In addition, she is continually conducting ceramic research to develop sculptures, raising the question of the emergence of random forms and their relationship to space. These investigations allow her to constantly discover new forms, materials and surfaces. She is passionate about the infinite possibilities of this material, which allows her to create objects and sculptures to the limit of what is possible, often associating other materials, such as textiles, fur or latex.

She has exhibited in several international institutions (Museum Borély, Marseille; Museum of Design, Zurich; Ariana Museum, Geneva; Musée Royal de Mariemont, Belgium; Bernardaud Foundation, Limoges; Musée des Arts Décoratifs, Paris; The Museum of Decorative Arts and Design, Oslo; The Rath Museum, Geneva …)


Monica Gaspar wrote about her work: "Some art of the 90's was defined as the art of the "almost nothing", when artists showed a renewed interest in the everyday, creating painstakingly handcrafted work in un-monumental formats. At the same time a critical approach to design emphasized aspects of materiality and participation, looking for authenticity in the "thingness" of everyday life. A stimulating territory of ‘being in-between’ art and design has emerged in order to be explored in a conceptual way. In this context, the work of Magdalena Gerber is exemplary. Through objects and installations she examines the tradition of the applied arts (the arts of the ‘in-betweenness’ per excellence) in order to establish a dialogue across disciplines, short-circuiting the ordinary into the extra-ordinadary and the familiar into the surreal."